La Galerie Hors-Champs présente

 

                   « Silence / Surface »

 

                         Annabel Aoun Blanco

                          Benjamin Guérin

                          Xavier Blondeau

 

               Commissaire d’exposition : Hannibal Volkoff

 

                    Exposition du 19 juillet 2016 au 03 septembre 2016

 

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 Annabel Aoun Blanco

  

 Benjamin Guérin

 

 

 Xavier Blondeau

 Xavier Blondeau

    

La série photographique « Desvoilés », d’Annabel Aoun Blanco, s’inscrit dans la continuité de son travail sur la redéfinition de l’être à travers son effacement. L’empreinte de visages est gravée dans un moulage dont elle a photographié l’envers. Le recouvrement des visages par le support envahit l’espace des modèles pour leur en offrir un autre : un champ clos, dans lequel ils ne voient rien, n’entendent rien, ne respirent plus et ne peuvent parler. Les modèles sont figés dans un espace intérieur qui s’imprègne alors dans la matière, et leurs empreintes, qui semblent habitées d'un étrange jeu de volume, paraissent liées les unes aux autres en une sereine et méditative ouverture.

Mais là où dans sa précédente série, « Le Mandylion », les traits des visages étaient encore discernables, Annabel Aoun Blanco les a cette fois-ci effacés pour n’en laisser que les ombres. L’impression fantomatique qui en découle accentue la dimension spirituelle de ces visages : plus que des portraits, des incarnations d’un autre monde qui serait celui des profondeurs où sommeille l’aura.

 

Dans ses sculptures, Benjamin Guerin utilise l’empreinte comme un exercice spirituel. Son procédé consiste à graver de manière répétitive des lignes sur des planches. Prise dans son principe, il s’agit de la ligne première, d'avant l'écriture c'est-à-dire d'avant la faute –d'orthographe. C'est un sillon ; elle ne s'écrit pas mais s'inscrit, à la fois art et littérature.

Tranchées noires sur planches noires, les lignes de Benjamin Guerin adoptent la lumière selon leur direction et plus précisément dans la répétition de leur élévation, rompant avec l’horizontalité. De même que leur direction crée une autre direction, les lignes créent la lumière (la prière) et la lumière crée les lignes.  C’est un processus d’auto-engendrement sans fin, mais aussi sans finitude, ces traces ne recouvrant jamais totalement la surface des planches.

 

Les photographies de Xavier Blondeau ressemblent à des énigmes. Les corps sont morcelés, floutés, ils se révèlent ou se cachent, se jouent de ce que l’on sait d’eux pour raconter autre chose. Mais raconter quoi ? Tout d’abord, des impressions : dans la série « Darkside », le furtif bonheur d’une apparition, celle d’un fragment de paysage solitaire dérobé de l’obscurité, ou encore, dans la série « Opale », l’abandon fusionnel d’une figure dans son environnement laiteux ou fœtal. L’épurement s’accentue dans la série des « Silhouettes » où le corps se comprime jusqu’à ne devenir que signe, en une tentation de l’étrangeté qui s’épanouie dans le polyptique de « Corps à corps », dans lequel des membres séparés sont assemblés en une nouvelle et hybride sculpture de chair.

Ce qu’il reste réellement du corps, c’est l’érotisme de cette peau photographiée, avec beaucoup de pudeur pourtant, comme une caresse, délicate comme un murmure. En ne devenant que pure forme, pure composition d’image, sa surface exprime l’invisible qui l’anime, mais se refuse à le nommer. Elle se contente d’être quête du regard, cette quête du regard comme métamorphose, quand la forme devient nouvel espace, nouveau corps.